La Cellule Environnement de la Société Scientifique de Médecine Générale (SSMG) a, à plusieurs reprises, attiré l’attention des Ministres de la Santé sur la préoccupation croissante concernant les substances perfluoroalkylées (PFAS). Le CMG a pris part à son interpellation pour demander plus de clarté et des réponses.
“Tout d’abord, sur le risque de surmédicalisation suite aux recommandations de dépistages (mammographies dès 40 ans, dépistages non validés…) ; et ensuite sur le manque de données permettant de rassurer les femmes allaitantes.
La population, légitimement inquiète, ne trouve que peu de réponses à ses questions. Notre cellule, reconnue pour son expertise en perturbateurs endocriniens depuis plus de 20 ans, déplore que ces enjeux ne soient pris au sérieux qu’en temps de crise, souvent trop tard.
Deux problématiques nous interpellent : Premièrement, des recommandations pour le suivi des patients contaminés par les PFAS ont été publiées par le Conseil Scientifique Indépendant. Celles-ci concernent trois catégories de personnes :
Ces recommandations, basées principalement sur celles du NASEM aux États-Unis, ont été établies sans concertation avec la première ligne de soins et sans études préalables sur leur intérêt pour la santé des personnes et en termes de santé publique. Plusieurs questions restent en suspens :
Nous ne remettons pas en cause les seuils proposés mais bien les mesures les accompagnant : tout d’abord, le risque de surmédicalisation est réel. Il est impératif de mener des études complètes sur la pertinence des mesures proposées à l’échelle de la santé publique. Ensuite, la première ligne de soin est déjà au bord de la saturation. Faire peser la charge logistique et administrative de ces mesures sur les médecins généralistes est un pari peu raisonnable.
Un cas récent a particulièrement attiré notre attention : lors d’une réunion publique, une mère avec un taux de PFAS sanguin de 36 ng/ml a signalé que son enfant de trois ans présentait un taux de 90 ng/ml. Bien que l’allaitement maternel soit généralement préféré pour ses nombreux bénéfices, les recommandations américaines suggèrent de le reconsidérer en cas de forte contamination par les PFAS.
Exposer des nourrissons à des taux élevés de PFAS, particulièrement durant les 1000 premiers jours de vie, période cruciale pour le développement, est préoccupant. Cette situation illustre les conséquences sanitaires d’une pollution environnementale et souligne la nécessité d’une réponse proactive et concertée avec le monde médical.
En l’absence de normes concernant la teneur acceptable de PFAS dans le lait maternel des femmes allaitantes vivant dans des zones exposées, nous recommandons de : (1) Faciliter l’accès au dosage des PFAS dans le lait et (2) mener une étude comparant l’évolution des taux chez l’enfant, dans le lait maternel ainsi qu’au domicile (poussière, eau, sol…) pour prendre en compte le comportement “PICA” des enfants.
Nous espérons que ce message saura retenir l’attention des autorités compétentes.”
Pour rappel, la SSMG a aussi mis sur pied une FAQ au sujet des PFAS. Elle est disponible ici.
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