Moustique Tigre : Ce qu’il faut savoir pour répondre aux inquiétudes des patients

30.05.2024

La saison du moustique tigre a commencé, d’après Sciensano. Que faut-il savoir de ce moustique, des risques liés à son développement dans nos contrées et des moyens de prévention ?

Transmission de maladies

La seule présence du moustique tigre n’est pas suffisante pour provoquer une maladie dans la population. Le moustique lui-même doit d’abord être infecté en piquant une personne infectée pour pouvoir transmettre la maladie.

L’Aviq explique : “Bien que le moustique tigre puisse transmettre certains virus tels que la dengue, le chikungunya et le Zika dans certaines régions du monde, sa seule présence n’est pas suffisante pour provoquer une maladie dans la population. D’autres facteurs, tels que la température ou la densité du vecteur, contribuent à la transmission de ces agents pathogènes. De plus, le moustique lui-même doit d’abord être infecté en piquant une personne infectée, et cette probabilité est encore très faible en raison de la phase virémique très brève des arboviroses. À l’heure actuelle, il n’existe aucune évidence que ces maladies soient transmises au niveau national. Uniquement les patients qui reviennent d’une zone où la Dengue, le Chikungunya ou le Zika sont endémiques et qui présentent un tableau clinique compatible, doivent toujours effectuer un test de dépistage de l’infection en question. Chez les patients présentant de tels symptômes mais n’ayant pas voyagé dans des zones endémiques, le dépistage n’est pas indiqué, car la probabilité des infections susmentionnées est extrêmement faible”.

Comment savoir si j’ai été piqué par un moustique tigre ?

Le moustique tigre (Aedes albopictus) est actif pendant la journée (très actif le matin et au crépuscule) et pique à l’extérieur.

La première caractéristique de la piqûre du moustique tigre est une sensation de démangeaison arrivant très rapidement, et s’intensifiant pendant plusieurs minutes après la piqûre.

Ensuite se forme un bouton ressemblant à une cloque un peu plate, comme une ampoule, de 5 millimètres à 2 centimètres de diamètre, un peu plus claire que la couleur de la peau, avec un halo rouge pouvant s’élargir selon les réactions personnelles. Le bouton est généralement dur, chaud et douloureux.

La piqûre du moustique tigre gratte donc quasiment instantanément puis les démangeaisons disparaissent. Elles peuvent néanmoins réapparaître pendant plusieurs jours en cas de variation de température (après une douche par exemple).

Plus d’infos sur le site français de l’Anses.

Prévention

Conseils pour éviter les piqures en extérieur :

  • Utiliser des vêtements qui couvrent les bras, les jambes et les pieds.
    • Privilégiez des vêtements larges, qui ne collent pas à la peau. Si vous portez des vêtements serrés, il est préférable de porter des textiles tissés serrés pour éviter que le moustique ne pique à travers le vêtement.
    • Les couleurs claires attirent moins la chaleur et sont donc à privilégier.
  • Utiliser des répulsifs anti-moustiques. Si vous utilisez un répulsif en même temps qu’une crème solaire, veillez à appliquer la crème solaire au moins 20 minutes avant le répulsif et suivez les indications d’application des deux produits.

Conseils pour éviter les piqures en intérieur :

  • Utiliser des moustiquaires pour les fenêtres et les trous d’aération.
  • Un ventilateur peut dissuader et éloigner les moustiques.
  • La climatisation maintient une température basse et réduit le risque de piqûres de moustiques, mais n’assure pas une protection complète et nécessite donc d’être utilisée en combinaison avec d’autres mesures préventives.
  • Dormir sous une moustiquaire, de préférence traitée avec un insecticide.
  • Utiliser un insecticide si nécessaire (dans une pièce fermée lorsque vous n’y êtes pas ou dans une pièce bien ventilée lorsque vous y êtes).

Eviter la multiplication des moustiques tigres

La meilleure façon de réduire les populations de moustiques est de veiller à ce qu’il y ait le moins d’eau stagnante possible dans les environs. Voici quelques conseils à appliquer facilement chez soi :

  • Vider l’eau stagnante et mettez les pots de fleurs vides, les pneus de voiture usagés, les récipients, les seaux, et les jouets d’enfants à l’intérieur ou sous un toit, ou retournez-les.
  • Éviter de laisser de l’eau sur les bâches en plastique, étirez-les.
  • Changer les abreuvoirs pour animaux ou les bains d’oiseaux chaque semaine.
  • Jeter du sable dans les coupelles sous les pots de fleurs ou rafraîchissez-les chaque semaine.
  • Couvrir les réservoirs d’eau, comme les seaux, les barils d’eau de pluie et les puits, avec une moustiquaire ou un couvercle.
  • Entretenir les piscines : assurez-vous du bon fonctionnement du filtre, traitez au chlore. Si elles sont couvertes d’une bâche, évitez d’y laisser de l’eau.
  • Nettoyer et réparez régulièrement les gouttières.
  • Entretien du cimetière : changez régulièrement l’eau des vases à fleurs, réparez les pierres tombales endommagées.
  • Au début de l’hiver, nettoyer soigneusement les sites de reproduction des moustiques possibles à l’aide d’une brosse afin d’éliminer les œufs déposés. Veillez à ce que les eaux usées ne finissent pas dans un égout, mais qu’elles soient déversées sur l’herbe pour éviter que les œufs, si présents, continuent leur développement.

Pour les voyageurs :

Le moustique tigre est bien établi à différents endroits de nos pays voisins et dans le sud de l’Europe. Les personnes qui se rendent dans ces destinations en voiture ou en camping-car doivent veiller à ne pas ramener de moustiques tigres adultes à la maison. On sait que les moustiques tigres aiment voyager de cette manière. Veillez donc à ne pas emporter de moustique tigre dans votre voiture cet été, ou à ne pas ramener des pots de fleurs potentiellement infestés d’œufs de moustiques tigres.

Plus d’infos sur le site de l’Institut de Médecine Tropicale d’Anvers.

 

Surveillance de la population de moustiques tigres

Bien que cette espèce ait été signalée dans plusieurs régions du pays, elle n’a pas encore réussi à s’implanter durablement, sauf dans quelques zones très limitées.

La Wallonie participe activement à la surveillance du moustique tigre en Belgique dans le cadre du projet MEMO+. Grâce à un partenariat entre Sciensano et l’Institut de Médecine Tropicale d’Anvers, ce projet permet de surveiller l’introduction de moustiques exotiques, comme le moustique tigre, dans notre pays. La surveillance se fait par le biais d’une plateforme participative où les citoyens peuvent signaler la présence de ces insectes en envoyant leurs photos sur un site web : https://surveillancemoustiques.be.

Il est donc évident que la participation des citoyens est essentielle pour cette surveillance, et nous nous adressons à vous en tant qu’intermédiaire privilégié pour transmettre ce message à vos patients. Pour sensibiliser vos patients à participer à ce projet de surveillance, vous pouvez télécharger les documents suivants (l’affiche ou le triptyque).

 

Plus d’infos :

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